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Samedi 25 Mai 2013 --- :Suivez nous sur twitter: @zoomtchad. Niger: MUJAO frappe le Niger,Adagès et Areva touchés par des attentats suicide. Devant les demandes formulées par les visiteurs anglophones d'une version anglaise de nos dossiers, bientôt la plupart d'entre eux seront traduits en Anglais. Affaire Habre: Saisine de la cour de justice de la CEDEAO par la defense du président HH; les chambres africaines, le rôle de Deby à la fois enquêteur, procureur,et juge au débat ,la justice françafricaine à la sauce gombo sur la sellette. Devant les preuves de son enrolement par l'Etat du Senegal, le prof - avocat avoue ce matin qu il etait bel et bien implique pour le compte du Sénégal dans l'affaire Habre ! Il fallait le dire plus tot , et surtout informez les lecteurs en toute honnetete ! Fusillade à l'intérieur du palais présidentiel ce soir. Il y a plusieurs blessés et morts dont un Général. Arrestations tous azimuts. La situation est très confuse à Ndjaména. --- Suivez nous sur Twitter @zoomtchad. Tchad: Deby continue son délire ,hier en recevant le president de la commission de la Cedeao , il a réaffirme son exigence de vouloir le commandement de la force des NU pour le Mali. Dossier complet dans quelques jours': le Tchad ne peut pas avoir le commandement car aucun des "generaux" de l'armee de Deby n'a la capacite de diriger une force de plus de 11000 militaires .avec la mission qui lui est assignee et les enjeux politiques et géostratégiques qui s'y greffent. Un autre plantage en vue. C'est exactement ,comme la pretention de Moussa Faki d'etre Secrétaire General de l'OCI. Un délire fou, semer la terreur au Tchad,piller les revenus pétroliers,leur a fait croire qu'ils sont quelque chose hors du Tchad .-Mali: Deby a demandé le commandement de la force des NU pour le Mali qui va bientot etre constituée! Devant les réticences des NU, il s'est énervé et a menacé de retirer tout le contingent tchadien. . .. A suivre donc. ---

Amani, Deby et Hinda


Que de commentaires, de discussions, de pronostics, d’interrogations autour de ce mariage qui occupe toujours la une de l’actualité ndjaménoise. Une impression générale de satisfaction. D’abord, le personnel de la Présidence commente abondement les états d’âme de Hinda et, surtout, exprime son ouf de soulagement : « Enfin ! Elle en faisait trop, on aura la paix maintenant ! ». Ensuite, les femmes du MPS ne cachent guère leur joie, elles, qui sont sans cesse en butte avec Hinda. « Elle fait semblant de rien, alors, on s’en fout, nous sommes derrière notre Président, que Amani soit la bienvenue en terre tchadienne ». En attendant, les préparatifs continuent de part et d’autre avec un peu plus de discrétion compte tenu de la vague de commentaires en tout genre.

Les articles que nous avons écrits sur ce mariage ont été largement repris et traduits par la presse soudanaise qui  s’intéresse à Hinda de très près. On nous a promis des bombinettes...

En attendant l’arrivée d’Amani, Hinda occupe le terrain et multiplie les sorties en continu, mais peut-on toujours donner le change ? Illustration par cette photo ci-dessus prise récemment à Addis Abeba lors de l’inauguration de cette folie que sont les nouveaux et luxueux immeubles de l’Ambassade du Tchad en Ethiopie (nous y reviendrons).

Ce mariage : Affaire privée, affaire entre Etats, affaire politique, affaire de cœur, certainement un peu de tout cela. Après avoir exposé le côté strass et paillettes, penchons-nous sur l’aspect politique des choses. Autrement dit, cette union est-elle une alliance stratégique entre deux Etats, une manière de consolider, de renforcer une réconciliation encore fragile ? Très certainement. Pourquoi la fille de Moussa HILAL ? Qui est cet homme, quelle est son importance  au Soudan et pourquoi Idriss Deby souhaite-t-il faire une alliance avec lui ? Beaucoup de calculs, d’intérêts politiques considérables aussi bien pour le Tchad que pour le Soudan. Un partenariat gagnant-gagnant qu’en quelque sorte, ce mariage crée et fortifie.

Pour comprendre tous les dividendes que procure cette union, il convient de les mettre en exergue par rapport à la situation politique interne à la fois du Tchad et du Soudan. Tout d’abord, en ce qui concerne le Tchad, la mort de Kadhafi a considérablement fragilisé le pouvoir d’Idriss Deby. Son régime perd son suzerain qui le pourvoyait en armes, munitions, argent (dons et multiples prêts) sans compter un soutien politique en échange d’une mise sous tutelle du Tchad. C’est la raison pour laquelle, l’engagement militaire de l’armée tchadienne a été très important et très violent contre les rebelles du CNT. Idriss Deby en faisant la guerre en soutien à Kadhafi le faisait aussi pour se sauver lui-même.

Aussi, après la mort de Kadhafi, Idriss Deby doit se préparer  à gérer des relations qui s’annoncent exécrables compte tenu de toutes les atrocités commises par les forces de Deby en Libye. Dans l’angoisse de devoir assumer le fait qu’il a, désormais, un ennemi à ses frontières Nord où vivent des populations dont on ne peut pas dire qu’elles lui sont favorables, Idriss Deby veut faire vite et profiter de la situation encore instable en Libye pour se sécuriser. Sans arrêt, il a multiplié les rencontres avec les responsables du CNT, demandant aux autorités françaises, soudanaises, qataries de jouer les médiateurs. Sans résultats tangibles.

Il convient ici de souligner que s’il est incontestable que Kadhafi a versé de l’argent aux gouvernements tchadien, nigérien, malien  pour acheter des fils de ces pays  et les enrôler comme des mercenaires, qu’il est aussi vrai que dans chacun de ces pays des hommes liges, aujourd’hui hommes d’affaires et anciens obligés de Kadhafi, ont été grassement payés pour être des agents recruteurs de chair à canon. Il est toutefois faux de prétendre que des cargaisons d’or et d’argent ont été planquées au Tchad par Kadhafi ; bien au contraire, le Directeur de Cabinet de Kadhafi, Béchir Salah Béchir, lors de son passage à Ndjaména, a pris soin de vider les comptes des deux banques libyennes, ce qui a suscité des protestations des Institutions financières internationales présentes au Tchad.

Soulignons un fait très important qui prouve que Kadhafi et les siens avaient une piètre opinion de Deby : aucun responsable libyen, aucun proche de Kadhafi, aucun de ses fils n’a essayé, ni souhaité prendre la direction du Tchad et demander protection à Deby. Aucun proche de Kadhafi n’a fait confiance à Idriss Deby et ceci malgré son engagement fou et la mort de milliers de jeunes tchadiens devenus mercenaires pour échapper à la misère.

Kadhafi a préféré le Niger et ses autorités pour y envoyer son fils, ses proches, les Nigériens étant plus dignes de sa confiance que ces Tchadiens qui se sont agenouillés devant lui, ont basculé leur pays dans la violence, ont sacrifié de milliers de vies,  et qui lui ont offert le Tchad sur un plateau d’argent. Kadhafi vient de leur prouver son souverain mépris, jusqu’au bout, il les a traités comme de vulgaires mercenaires. On en a honte pour eux. Alors, croyez-vous que là où ni vous, ni vos proches ne souhaitiez y mettre les pieds, vous allez envoyer vos cargaisons d’or et d’argent ? Certainement pas.

Kadhafi éliminé, un CNT qui lui reproche beaucoup de choses, Idriss Deby cherche donc des soutiens sûrs. Aussi, se tourne-t-il du côté de Khartoum. Avec ce pays, un accord de normalisation et de démantèlement réciproque des forces rebelles a été bien appliqué par les deux parties. Les chefs rebelles tchadiens sont en résidence surveillée au Qatar ; quant au docteur Khalil Ibrahim du MJE d' abord expulsé du Tchad vers la Libye, il fut ensuite tué lors des affrontements avec l’armée soudanaise.  Sur ce point précis, des sources proches du MJE (rébellion du Darfour) ont affirmé très clairement que ce sont les forces françaises positionnées au Tchad  qui ont permis la localisation précise du docteur Khalil. Dès lors, il ne restait aux hélicoptères de Deby et aux forces soudanaises qu’à bombarder la colonne localisée. On se rappelle que l’efficacité des moyens logistiques déployés par les éléments français a aussi fait ses preuves au moment des affrontements entre les rebelles tchadiens et les forces de Deby. A cette occasion, des enregistrements de conversations téléphoniques entre un des chefs de la rébellion et le patron des services de renseignements soudanais avaient été même rendus publics par le gouvernement tchadien.

En expulsant le chef de la rébellion du Darfour le docteur Khalil, Deby avait déclaré : « tout ce que je sais c’est qu’il est soudanais. » Nous avions dans un article intitulé « Zoom sur les luttes de pouvoir ... au sein du clan » montré jusqu’à quel point le chef de la rébellion du Darfour, revenu surarmé de Libye où ses forces ont lutté contre le CNT, était une menace importante pour Deby, dans la mesure où des dissensions graves sont apparues au sein du clan au pouvoir quant à l’urgence d’arrêter tout soutien aux rebelles du Darfour et ce, en application de l’accord avec Khartoum. Très clairement, le docteur Khalil menaçait le régime d’El Béchir qui garde présent  à l’esprit la pénétration des rebelles dans la ville d’Om Dourman, tout en étant aussi préoccupé par l’initiation d’une coalition de toutes les rebellions du Darfour menée activement par le docteur Khalil. Parallèlement, Deby fit le constat de la levée de bouclier de la part de son frère Timane, parent direct du chef du MJE. Donc, une rébellion qui attendait une occasion pour se manifester au grand jour ? Très certainement, Idriss Deby est un impulsif, il frappe dès que la menace existe, et c’est ainsi que l’acte I de cette nouvelle guerre fut l’élimination du fils de son frère qui était la principale courroie de transmission entre le MJE et son père. Acte II, deuxième élimination, celle du docteur Khalil, avec pour conséquence immédiate sur le plan interne au Tchad, précisément, un affaiblissement considérable du groupe Timane Deby  et dans une certaine mesure Daoussa Deby  dont on dit qu’il souhaite avoir désormais une place politique au grand jour  et ce sous l’impulsion de son épouse, par ailleurs, tante de Hinda Deby Itno.

Au Soudan, la liquidation du docteur Khalil équivaut, du moins dans le court terme, à la décapitation de la rébellion du Darfour. Le gouvernement soudanais a réussi un grand coup, surtout que ses relations avec le tout jeune Etat du Sud Soudan ne s’arrangent guère et on s’attend à une reprise de la guerre.

Ajoutons que  l’engagement de Deby dans l’opération de liquidation du chef du groupe le plus puissant des rébellions du Darfour est une action forte, traduisant la ferme volonté d’Idriss Deby de prouver au pouvoir soudanais son engagement total et sincère à leurs côtés. Cette contribution de Deby à l’affaiblissement du MJE annonce que, désormais, ses relations avec les Zaghawas du Soudan amorcent un virage. Il souhaite avant tout arriver à les neutraliser afin qu’ils ne constituent  pas un réservoir mis à la disposition des membres de son clan proches de lui pour le menacer, car le risque existe bel et bien, peut être pas avec l’appui du Soudan, mais qui sait… avec le CNT…

Alors pour Idriss Deby, un docteur Khalil qui fomente contre lui, est un ennemi, qui doit être éliminé, fut-il Zaghawa. Tout comme, il avait laissé entendre au micro d’Europe 1, au moment de la poursuite des forces rebelles par les hommes de Deby en 2008, après leur retrait de la capitale : « Je ne souhaite qu’une chose, qu’on ait la chance de l’attraper (parlant de Timane Erdimi) ». Aucun état d’âme de ce côté, celui qui lorgne ton trône ne peut être considéré comme un parent, c’est un ennemi et dans la philosophie de Deby, cela signifie qu’il doit être liquidé.   Ainsi donc, la nouvelle stratégie politique d’Idriss Deby s’appuie sur le Soudan qui doit être un allié sûr,  avec comme objectif primordial,  la réduction des capacités de nuisance des forces du MJE. En un mot ; éviter que les Zaghawas du Soudan ne constituent une base arrière solide pouvant être un tremplin contre lui, mais aussi les contrecarrer, les empêcher d’être une force capable de poser des exigences pour la création d’un Etat indépendant comme le Sud Soudan ou même parvenir au renversement du régime d’El Béchir.

Rappelons que, Idriss Deby s’était appuyé sur les Zaghawas du Soudan pour parvenir au pouvoir. Ils ont pillé le Tchad sans états d’âme avec la complicité de Deby et des membres du clan. Aujourd’hui encore, ils occupent des positions avantageuses dans l’administration, le commerce, le bâtiment etc. L’aide militaire qui a été fourni massivement aux rebellions du Darfour avait pour but d’aider à la prise de pouvoir ou le cas échéant d’arriver à constituer un Etat indépendant. Dans tous les cas, Idriss Deby pouvait compter sur eux en cas d’attaques contre lui comme en 2008, mais aussi à plus long terme, l’assurance d’avoir une base arrière solide lui permettant d’avoir une mainmise définitive sur le Tchad. Idriss Deby a d’abord travaillé à construire ce schéma, et bien, aujourd’hui depuis l’onde de choc de la mort de Kadhafi, il s’attèle sérieusement à le démanteler.

Si la mort du leader du MJE complique sérieusement les choses pour les rebelles, elle ne signifie pas pour autant leur disparition totale. Idriss Deby parfaitement conscient de cette situation, a décidé d’épouser la fille de Moussa Hilal ; épouser la fille d’un homme qui a fait la guerre au MJE et  aux autres rebellions du Darfour… S’unir avec la bête noire des Zaghawas du Soudan…

Il est évident que la proposition d’une entente normale n’aurait pas abouti ou du moins, la méfiance serait toujours présente en raison des antécédents mais aussi des clivages ethniques exacerbés par de graves affrontements armés. La rébellion du Darfour, le « génocide » au Darfour, les conflits inter-ethniques, c’est le sombre tableau de toute cette région meurtrie par une lutte féroce que se mènent, par rebellions interposées les puissances occidentales et la Chine autour des champs pétrolifères  du Soudan. Et c’est ainsi que les janjaweed entrent en scène, janjaweed signifie le diable ou le démon à cheval, djinn pour diable, démon, jawad pour cheval, appellation donnée par les populations non arabes de la région aux arabes qui leur faisaient la guerre. Moussa HILAL est présenté comme étant le chef tout puissant des janjaweed. Il faut préciser qu’il est le plus important des sept chefs de tribus arabes de la zone, il est de la tribu des  Arabes Mahammid . S’il est vrai, qu’il a été épinglé  et accusé de crimes de guerre, il n’est toutefois pas recherché par la CPI  qui n’a pas décerné de mandat d’arrêt contre lui. En 2006, il a fait l’objet de mesures de restriction dans ses déplacements à l’Etranger.

C’est une forte personnalité et il  pèse lourd au Soudan. Il a, lors de plusieurs interviews, reconnu « avoir mobilisé et organisé les tribus arabes pour défendre leurs terres contre les rebelles du Darfour et ce, dans la plus parfaite légalité, car c’est l’Etat qui nous équipe et nous arme. Pourquoi des populations civiles ont-elles dû prendre les armes ? Parce que les multiples rébellions du Darfour étaient soutenues par l’Etranger, armées et équipées par des puissances étrangères ; pire, dans leur programme rendu public, ils disaient vouloir un Etat indépendant dont nous étions exclus, nous, mais pas nos terres. Voilà pourquoi j’ai mobilisé et organisé les tribus arabes pour qu’elles se défendent pour sauver leurs vies et leurs terres car l’armée était un peu débordée. ».

C’est un homme puissant, ayant une position d’influence, il est très riche, fait des affaires dans le pétrole, le bâtiment  etc... Ses relations avec les Tchadiens sont anciennes ; d’ailleurs, il semblerait que les premières armes qu’il a acquises ou reçues lui ont été données par les forces d’Acheikh Ibn Oumar (CDR) au moment de leur défaite face aux forces d’Hissein Habré et de leur repli dans la zone. Il avait aussi d’excellentes relations avec Mahamat Nour Abdelkerim (ancien chef d’un groupe de rebelles tchadiens installés au Soudan), qui a été longtemps un chef officieux  d’une milice janjaweed. A Khartoum, on laisse entendre qu’ils ont été liés en affaires aussi.

Cela veut dire que cet homme connait bien le Tchad, on comprend mieux que pour le convaincre Deby a choisi de s’unir avec sa fille, donc de tisser des liens de sang, qui demeurent importants dans un système de communautarisme, de coexistence de tribus qui, depuis la nuit des temps, scellent des alliances guerrières et donc politiques par des mariages. C’est le monde dans lequel vit et fonctionne Idriss Deby en 2012, comprenez que la construction d’une Nation tchadienne, ce n’est pas pour demain.  Par cette union importante, Moussa Hilal et Deby sont désormais des alliés, mieux des parents. Conséquence attendue : les forces de Moussa Hilal  surveilleront  les forces du MJE pour le compte de Deby et au besoin les prendront  à revers.

Très réseauté dans le monde arabe, il mettra à la disposition de Deby son carnet d’adresses. Mais surtout, ce sont une partie de ses hommes qui a été envoyée par le Soudan pour aider les rebelles du CNT. Idriss Deby compte sur cette alliance pour faire la paix avec le CNT. Moussa Hilal peut compter sur Deby  pour avoir du matériel de guerre performant pour veiller sur ses terres. Et si demain, Deby a des difficultés au Tchad, il pourra toujours s’installer au Soudan. C’est vraiment du gagnant gagnant. Idriss Deby souhaite aussi que les Soudanais interviennent pour dénigrer d’éventuels opposants qui demanderaient soutien au CNT, eux qui les ont financés en pure perte pendant des années.

Au pouvoir depuis 21 ans, Idriss Deby fait reposer, désormais, la survie de son régime sur les revenus pétroliers en offrant à toute une classe militaire des avantages importants pour la neutraliser tant que les rebellions étaient encore en activité, mais aussi pour les motiver à faire la guerre, puis d’en balayer  une partie aujourd’hui une fois que le ciel est dégagé. Les revenus pétroliers ont permis l’acquisition d’un matériel de guerre performant notamment des chars et  des hélicos, mais aussi, l’achat d’un soutien politique français grâce à la politique des mallettes.

Aujourd’hui encore, les 26 millions de dollars de dowry pour ce mariage sont le fait des ressources pétrolières ; on peut penser que cela ne s’arrêtera pas en si bon chemin, Moussa Hilal fait du business dans le pétrole n’est- ce pas ?
Est-ce que ce mariage va accentuer la main mise du Soudan sur le Tchad ?

Dire cela, c’est ignorer ou fermer les yeux sur ce qu’est devenu notre pays depuis le règne d’Idriss Deby. A ce propos lire notre dossier ZOOM sur "19 ans au pouvoir au Tchad ou comment le régime Deby a favorisé l'émergence d'un islamisme fondamental au Tchad : demain les conflits".

A l’époque de la création de la CEN SAD sur proposition de la Libye, Idriss Deby avait exposé sa vision du Tchad, de ce que devrait être le Tchad : « Nous n’avons rien à voir avec les gabonais, les centrafricains, les bantous, d’ailleurs nous ne sommes même pas à l’aise avec eux, je pense que l’idée du Guide Khadafi est formidable, on doit se tourner, se rapprocher de la Libye et du Soudan… ». Le processus a été lancé depuis son avènement au pouvoir sous la direction conjointe de la Libye et du Soudan, il est allé sans cesse plus loin, plus profondément, remodelant la société tchadienne. Ce qui a abouti à l'adhésion du Tchad à la Ligue Arabe sous le parrainage direct de la Libye. Cela s’est  fait et continue de se réaliser dans le silence et la démission totale des intellectuels et élites tchadiennes pour la plupart intéressées par les revenus pétroliers encore une fois.

Amani aidera certainement à la consolidation des relations soudano- tchadiennes, tout comme l’a certainement fait feue Edith Bongo, épouse de feu Omar Bongo et par ailleurs fille du Président congolais Sassou Nguesso.

En attendant l’arrivée à Ndjaména de la mariée, les médias sous l’impulsion d’un communiqué de Human Right Watch ont dénoncé la participation du représentant de l’UNAMID, le Nigérian Ibrahim Gambari aux côtés du Président soudanais à ce mariage. Il faut préciser que le mariage a eu lieu le 20 janvier 2012, dès le lendemain, tous les journaux soudanais proches de la rébellion du Darfour ont dénoncé la participation du Représentant des forces des Nations Unies à une réception aux côtés du Président Soudanais.

Saisie par les membres de la rébellion du Darfour et surtout guidée par son parti pris connu dans ce conflit, l’ONG HRW a cru bon réagir, alors qu’on se demande de quoi on parle, quant on sait que c’est avec l’accord des autorités soudanaises que les forces des Nations unies sont au Darfour. De plus, l’ONG HRW s’est bien tue quand le Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki Moon, la représentante des USA aux Nations Unies Susan Rice et le Ministre des affaires étrangères français Alain Juppé ont assisté à la proclamation de la République du Sud Soudan en présence du Président soudanais Oumar el Béchir.

Mais, dites moi, M. Gambari n’est-il pas un pauvre Africain de rien du tout ! Alors, fidèle à sa philosophie de deux poids deux mesures, Reed Brody peut lui rentrer dedans à sa guise. C’est ce que Feu Président Sékou TOURE appelait la politique du cavalier et de sa monture.

arrivée de Amani, nouvelle madame Deby

* Al arouss al Nil = la mariée du Nil

Par la Rédaction de ZoomTchad

 
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