REFLEXIONS SUR

 

Trafic des enfants Tchadiens par l'Arche de Zoé, réaction d'une citoyenne Française

Je regarde les informations télévisées comme tout le monde en France, moi même étant française d'origine, j'ai été très choquéepar cette affaire, j'ai d'ailleurs cherché sur internet une adresse pour écrire au président monsieur DEBY que je n'ai pas trouvée.

Je souhaiterais avoir une adresse ou lui écrire, car il est inadmissible, que Sarkozy décide que ces gens soient jugés en France. Cela est arrivé au Tchad, et il n'y a aucune raison et aucune loi qui décide du contraire, d'ailleurs quand il y a eu un attentat en France, un terroriste de la Grande Bretagne à été jugé sur le sol français, malgré que la grande Bretagne ait demandé à ce qu'il soit jugé en grande Bretagne, ce qui, à l'époque, avait été catégoriquement refusé par la France.

Comme l'a dit Sarko à la télévision française, je le cite : "j'irais moi même les chercher", si c'était arrivé aux Etats Unis, il aurait fermé sa gueule, mais là il fait du zèle parce que c'est l'Afrique. J'espère que monsieur DEBY ne se fera pas corrompre, ni par de l'argent, ni autre chose. Faites vous respecter, il faut que ces gens soient jugés de leur crime, car c'est bien un enlèvement d'enfants, et au Tchad, ce n’est pas la France qui commande.

J'espère que vous pourrez faire parvenir mon courrier, à monsieur DEBY et qu'ils soient tous jugés et pas relâchés. Ce serait une honte pour votre dignité et les français en général pensent la même chose. Chez nous, Sarko, on l'appelle "le cow-boy", il se prend maintenant pour un américain !!!!!!!

Je vous souhaite beaucoup de courage, et ne lâchez rien !

Sabine Gualtieri
g.altieri@hotmail.fr

 

Halte ! aux illusions des accords, les chefs rebelles tchadiens

Depuis  hier soir, une nouvelle donne vient de se dessiner sur la scène  politique des forces de la résistance nationale. D’aucuns qualifient ce qui vient d’être signé à Tripoli d’accord. D’autres récusent et soutiennent le contraire en qualifiant cela de simple déclaration de principe et/ou d’intention. Si cet accord devrait y avoir avec le pouvoir de Deby, l’idéal se sera un  véritable accord dans lesquels les tchadiens auront confiance et qui ne sera pas parrainé par  un certain Kadhafi dont l’esprit expansionniste et impérialiste n’est guère oublié par les tchadiens. Nul n’ignore la complicité active de ce dernier dans l’assassinant de koty, Bichara  Digui et enfin le mystérieux décès du plus estimé feu Youssouf Togoïmi.

Au  nom des citoyens Tchadiens de la résistance nationale, nous exprimons notre position vis-à-vis de cet accord que nous estimons fragile, incomplet et louche. Nous sommes tout à fait d’accord que la question Tchadienne est très complexe, mais la résolution de celle-ci requiert la participation de toutes les forces vives de la nation. Nous sommes foncièrement convaincus que la mise à l’écart de certaines forces de l’opposition dans ce processus de paix ne fait que déplacer les problèmes. Il est dans l’intérêt aussi bien de l’opposition que du gouvernement tchadien d’associer toutes les sensibilités tchadiennes à ce processus de paix que nous voudrions une étape décisive dans l’histoire de notre pays.
Par ailleurs nous réaffirmons que tout accord  qui ne prend pas en compte la démocratisation de nos institutions, la séparation des pouvoirs est voué à l’échec et ne fait qu’accentuer les soulèvements et les révoltent qui ne sont les traductions des frustrations populaires.

Le partage de la gestion des affaires publiques est loin d’être une garantie de bonne gouvernance  sous la direction d’Idriss Deby. Vous n’êtes pas sans ignorer la volonté d’Idriss Deby de rester indéfiniment à la magistrature suprême, chose qui sous-tend notre opposition et notre résistance. Chers camarades résistants ne perdons pas de vue notre cause, nos multiples sacrifices. Optons plutôt pour une paix durable pour que notre pays retrouve le sentier du développement égalitaire de la justice et de la liberté.

 

Informations sur ZoomTchad ?

Je suis très content de l'existence du site zoomtchad.com. Un site internet qui contrairement à d'autres, permet à tous les Tchadiens de s'exprimer dans les limites du raisonnable. Vous êtes les seuls à défendre ouvertement notre frère Hissein Habré par rapport aux sites fantoches comme Alwihda ou Tchadactuel.

C'est un acte très courageux de votre part et je tiens à vous féliciter et à vous encourager dans cette lancée. Vous dénoncez avec véhémence et à juste raison, les discours revanchards des sudistes. Eux qui avaient véritablement abusé de l'Etat tchadien quand ils étaient aux affaires. Ils n'ont rien à nous dire. Ils n'ont aucune leçon à nous donner.
 
Je reste cependant sur ma faim parce que zoomtchad, le vrai site tchadien peut rester plusieurs jours sans nouvelles. A quoi est dû cela ? Ne pouvez-vous pas nous mettre à jour quotidiennement notre site préféré ?

Ali Abakar.

 

Zoomtchad, qu'est ce qui ne va pas ?

Bonjour
je visite régulièrement votre site à cause de son originalité dans les info et analyse que vous publiez. Mais je constate que depuis un bon bout de temps déjà vous ne publiez plus rien. Qu'est ce qui ne va pas ?

Je m'inquiète.
a+

Nokour Abakar
nokour@hotmail.com

 

 

Le Tribalisme

Il est, aujourd'hui, de mode et de bon ton, de caricaturer, de flétrir et de condamner le tribalisme. Cela semble faire, à bon compte, moderne et progressiste. Il est, selon le discours ambiant, responsable en grande partie sinon au premier chef, de toutes les dérives qu'un grand nombre de pays africains connaissent. D'ailleurs, le mot est devenu, par la force de l'usage, un terme sui generis fétiche signifiant à lui tout seul et tout à la foi le clanisme et le tribalisme, l'ethnicisme et le régionalisme et tout à l'avenant. Je l'utilise ici tel qu'il est pratiqué couramment dans la réalité quotidienne. Les acteurs politiques ou sociaux tchadiens auraient-ils scellé un pacte non écrit sur le sujet, tant leur unanimité à pourfendre le tribalisme –réel ou imaginaire- est grande et forte ? Encore qu'en privé, dans les quartiers, dans les villages, dans les salons ou en aparté, les critiques les plus acerbes se transforment en thuriféraires éhontés du tribalisme qui est, en fait, leur véritable fonds de commerce sociopolitique. Les politiciens parlent avec beaucoup d'orgueil de leur fief, doux euphémisme qui signifie tout simplement un espace tribal.

Il est aussi vrai que, historiquement parlant, la tribu en tant que strate socio-culturelle vivante et dynamique a joué et joue un rôle important dans la vie d'un pays et ce, tant sur le plan de la paix sociale et de l'équilibre intercommunautaire que sur le plan de la stabilité nationale. Ce n'est pas le fait du hasard si le Tchad (comme tous les pays africains et beaucoup d'autres pays de par le monde) est organisé en Préfectures, Sous-préfectures et Postes Administratifs essentiellement sur des bases ethnico-spatiales ; ce n'est pas non plus innocent si les députés sont élus sur ces mêmes bases ; c'est encore sur ces dernières que tous les partis politiques, les oppositions armées ou non armées, les associations dites de la société civile sont constituées. En Afrique, en Asie, au Moyen Orient, le tribalisme joue souvent un rôle accru dans la vie politique. Il constitue, dans bien de cas, le noyau central du pouvoir politique. Les idéologies empruntées à l'étranger par mimétisme servile (communisme, socialisme, libéralisme etc.…) et les slogans qui les accompagnent servent plutôt de voiles décoratifs, répondent à l'effet de mode et remplissent le vide conceptuel qui caractérise nos nations en voie de construction.

Il est également vrai que le colonialisme a, de façon méthodique et systématique, instrumentalisé le sentiment tribal, tout comme les différences religieuses pour « diviser et régner ». Il arrive qu'aujourd'hui même, malheureusement bien souvent, d'acteurs socio-politiques manipulent le tribalisme à des fins politiciennes sans crainte des dangereuses dérives qu'il engendre.

Tout ceci souligne l'importance du phénomène. Dans une bonne partie du monde, c'est dans l'ethno-provincialisme que les forces de contestation ou de changement à ambition nationale puisent leurs forces pour réaliser leurs objectifs. Si dans le monde arabe et l'Asie musulmane, l'Islam fournit à ce tribalisme un substrat idéologique porteur que renforce le nationalisme, en Afrique, l'élément est orphelin d'idéologie conquérante et se débrouille avec un patchwork de slogans tels la démocratie, la bonne gouvernance, le respect des droits de l'homme, le développement et autres bonnes recettes venues de l'Ouest que l'on ressasse à en perdre la voie.

Au Tchad, il est une évidence que c'est aussi sur la base tribale que les partis politiques, les associations de la société civile et les mouvements de la rébellion armée se constituent, s'élargissent et se renforcent pour se donner, pour les plus aptes, une envergure nationale. Il est irréaliste et puéril, hypocrite et démagogique de nier cette vérité et passer son temps à mentir à soi-même et à jeter la pierre à l'autre. Ce comportement infantile relève de la myopie intellectuelle et de l'irresponsabilité politique. Le tribalisme n'est ni une tare congénitale, ni une maladie honteuse pour si peu que l'on veuille éviter de confondre tribalisme et dérives tribalistes. Il s'agit d'un phénomène de société fortement ancré dans les mentalités et les comportements.

Serait-il de commettre un acte de trahison nationale que de se servir de la rampe de lancement qu'offre sa communauté tribale pour aller à la conquête du pouvoir, en s'ouvrant aux autres composantes du pays, sans jamais verser dans l'exclusivisme, le mépris de l'autre et bannir toute atteinte au droit d'autrui ? Avec, en bandoulière un programme de sortie de crise, de réconciliation et de développement national. Le Tchad offre-t-il une autre alternative crédible et opératoire ? Il n'y en a pas dans l'immédiat et il ne sert à rien de se gargariser de grands mots qui meublent nos cerveaux abâtardis par l'école occidentale. Il serait sans aucun doute plus utile de regarder du côté du géant Nelson Mandela, de son expérience. En effet, l'ANC (le mouvement de Mandela) devenu progressivement un véritable parti politique au sens plein et noble du terme est à l'origine une organisation de lutte dont l'ethnie Xhosa de Mandela représentait l'ossature principale. Le génie de Mandela et la fidélité de ses collaborateurs et partisans ont réussi à donner à l'ANC la dimension nationale par l'ouverture aux autres composantes tribales du pays y compris les blancs. Le résultat est là qui s'exprime à travers l'avènement et la consolidation de la Nation Arc-en -ciel mondialement respectée. Au demeurant, le coeur de l'ANC reste toujours l'élément Xhosa bien que le succès du parti dans sa projection nationale est si prégnant qu'on en oublie le moteur discret et efficace qui depuis l'origine continue de lui assurer vision, dynamisme, popularité et efficacité dans l'œuvre de construction de ce pays que les Sud-africains eux-mêmes appellent la Nation Multiethnique. La carte du monde offre bien d'autres exemples qui valident cette réalité.

En vérité, le tribalisme peut être nocif par ses dérives comme il peut être positif par sa sagesse. Tout dépend de la gestion et de l'usage que l'on en fait. Replié et fermé sur lui-même, particulariste et dédaigneux à l'égard des autres ethnies, il peut verser dans l'exclusivisme, l'agressivité et devenir destructeur ; ouvert et tolérant, porté au cosmopolitisme et de bon commerce socio-culturel, il peut jouer un rôle rassembleur, unificateur et constructif en s'irrigant par mille canaux dans la nation qui, mutatis mutandis, est à la fois émanation, dépassement et transcendance des unités tribales. Chez nous, au Tchad (comme d'ailleurs en Afrique en général), force est de relever que, très souvent, les acteurs socio-politiques ont la fâcheuse tendance à instrumentaliser le tribalisme dans le but d'étancher leur soif de pouvoir et combler leur appétit d'argent. Alors que de grands leaders, véritables hommes d'Etat visionnaires peuvent canaliser le tribalisme dans le sens d'un nationalisme positif porteur d'un projet patriotique salutaire. Evidemment, il est quasiment impossible de savoir, à priori, si X ou Y répond à ce profil ; seul l'homme à l'œuvre et dans le feu de l'action peut révéler à lui-même et aux autres les dons et qualités dans lesquels ses compatriotes se retrouvent majoritairement. La praxis dément presque toujours les jugements portés avant toute expérience, et donc il importe de ne pas tomber sous le charme des portraits dithyrambiques complaisamment fabriqués par les médias dominants en faveur d'hommes liges évoluant dans les réseaux de la françafrique. L'état de la société, les évènements, les circonstances, le hasard des choses et bien sûr la bénédiction du Très Haut sont à même de sortir du lot des prétendants un homme susceptible de déployer au Tchad tous les talents et qualités de grand leader capable de faire oublier les dérives et excès du tribalisme, ramener la paix dans les cœurs, la tranquillité dans les esprits, consacrer la liberté citoyenne, ouvrir l'horizon d'un lendemain meilleur et dessiner les contours d'un destin solidaire libéré des chaînes de la domination étrangère. Et, que l'on ne se méprenne pas, l'homme qui sera appelé à présider – pour un certain temps – aux destinées du Tchad ne peut être qu'issu d'une tribu d'un coin de ce pays, et il n'est pas dépourvu de tout penchant tribaliste.

Ailleurs de par le monde, avec plus ou moins de bonheur, des pays comme la Suisse , le Pakistan, l'Inde, le Canada entre autres, ont réussi à positiver la question tribale dans un cadre normatif étatique qui fait ses preuves. Les structures mises en place dans ces pays – confédération, fédération, large décentralisation, régime dit des zones tribales au Pakistan– contribuent sans doute à la viabilité de ces systèmes.

C'est dire combien la problématique du tribalisme est une affaire sérieuse qui mérite bien une étude approfondie, un débat national serein plutôt que de se limiter à des invectives et des condamnations par trop faciles et simplistes. Cette réflexion sur le sujet peut paraître provocatrice à certains esprits bien calés dans leurs vérités premières. Ce n'est qu'un pavé jeté dans la mer des certitudes paresseuses confortablement établies. Si elle pourrait contribuer à fouetter un tant soit peut notre curiosité, nos doutes et notre indolence intellectuelle, elle aura atteint son but.

 

Par
Dr. SOULEYMAN ISSA SALEH

Chercheur en sciences politiques, Consultant.
souleymaneis@yahoo.fr

 


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