L’on se souvient qu’à l’occasion de l’escale à NDjamena, il y a quelques semaines, du Président français Nicolas Sarkozy, il a été décidé de commun accord avec son collègue Deby, de mettre en place une Commission d’enquête chargée de faire la lumière sur les sanglants évènements ayant eu pour théâtre la capitale tchadienne. Le résultat fut la création d’une Commission à dominante MPS (le Parti de Deby) présidée par un des inconditionnels du régime, en la personne du Président de l’Assemblée nationale. Scandaleux, ont protesté d’un même élan les Organisations de la société civile ainsi que toutes les oppositions au régime clanique. L’indignation contre cette mascarade d’enquête a heurté également l’opinion publique africaine et internationale y compris en France où les dirigeants français subissaient déjà de critiques acerbes pour avoir, par l’emploi des forces armées françaises, volé au secours du soldat Deby au bord de la noyade dans le Chari (fleuve Chari sur le bord duquel se dresse le palais présidentiel qui abrite aussi le bunker de Deby).
Comme de tradition dans les affaires troubles du « pré carré », Sarkozy, pour se sortir de l’embarras, envoie au charbon un fidèle, un très fidèle nègre de service, le sieur Abdou Diouf, Secrétaire Général de la francophonie – un machin de la galaxie françafricaine – avec la mission de constituer une deuxième Commission d’enquête qui présenterait au moins des apparences d’indépendance, un véritable trompe-l’œil. D’ailleurs, les choses vont aller vite, puisque d’ores et déjà, Abdou Diouf a rencontré le très gentil Ban Ki Moon, Secrétaire Général de l’ONU, pour le sensibiliser sur ledit projet, lui demander de désigner un de ses nombreux spécialistes sans fonction précise pour siéger parmi les membres de la nouvelle Commission, et engranger ainsi à bon compte la caution des Nations Unies. Ainsi, le trompe-l’œil, une vieille recette qui a fait ses preuves, fonctionnera à merveille.
Dès lors, il serait très surprenant, si demain, l’on ne trouverait pas au sein de cette Commission, et en bonne place, quelques « experts » sénégalais spécialisés dans les missions très spéciales chargés de veiller au « bon fonctionnement » de cet instrument d’une part, et surtout à la production d’un rapport sans tâche et sans équivoque. Il y va de l’honorabilité de la France-Afrique, et en particulier, de la crédibilité du grand parrain, le tout nouveau Chef blanc Nicolas Sarkozy qui, du reste, peine beaucoup à maîtriser les arcanes et les subtilités de la planète françafricaine. Le discours de Dakar et les rocambolesques affaires Sassou et Bongo montrent bien que Sarkozy a besoin d’effectuer un stage de remise à niveau en relations franco-africaines. Un stage un peu plus long que celui d’un trimestre qu’il s’est efforcé de subir en prévision de sa visite officielle au pays de Sa Gracieuse Majesté La Reine Elisabeth II, stage qui a eu la vertu de dissuader Sarkozy de sauter au coup de son illustre hôte, ce qui aurait été considéré par les sujets de Sa Gracieuseté comme un horrible et inconsolable crime de lèse-majesté.
La Rédaction de ZoomTchad.
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